Nov 29 2007
[Fais moi peur…]
Chaque jour, vers 17h00, ma vie se transforme en véritable film d’horreur. Une peur me prend aux tripes. Pas une vulgaire peur que l’on peut justifier avec un objet, un être de chair, une phobie ou bien une mauvaise blague qui fait plus sourire qu’autre chose. Non, rien de tout ceci. Il s’agit d’une peur bien réelle, une peur qui vous dérange, qui vous fait redouter ce moment que vous voyez inexorablement avancer dans la journée jusqu’à lui faire face.
Avez vous déjà vu le “Projet Blair Witch” ? Un film étonnant. Une réalisation et une organisation atypique mais efficace. Le synopsis est simple. Une forêt, une légende, trois adolescents un peu fantasques qui veulent se donner des frissons et s’amuser un bon week-end ensemble dans les bois. Mais quand le reportage sur une prétendue sorcière hantant la forêt de la région tourne au drame, nous ne sommes plus qu’à quelques lieux de l’improbable et de l’effroi. Jamais ne verrez vous apparaître une quelconque sorcière, jamais ne verrez vous un poignard s’abattre. Pourtant des bruits, des ombres, des souffles, des pleurs d’enfants au milieu de la nuit et des disparitions s’accumulent. Quand enfin l’on pense s’échapper de l’horreur du film et sa fin dramatique, on découvre alors que la sorcière de Blair nous a bien marqué aussi, et que la moindre forêt en pleine nuit noire devient un tombeau potentiel, un catalyseur de toutes les plus horribles pérégrinations de l’esprit.
Le bois que je traverse alors tous les matins et où je croise cerfs, biches, renards, lapins et écureuils devient alors la forêt de mes cauchemars. Le moindre bruit, le moindre murmure me fait sursauter, la moindre branche qui s’accroche à ma jambe ou mon bras me fait bondir. Pensez vous faire mieux, seul, dans le noir total, avec une imagination aussi fertile que la mienne ? Ma seule échappatoire, une lampe torche qui marche si bien chez moi mais faiblit bizarrement quand son halo protecteur est désiré.
Essayez mes bois, essayez ce refuge chaleureux de la faune et flore britannique. Essayez de vous y égarer à la nuit tombé.
Vous voici alors livré à vous même, avec pour seule arme un peu de lumière et la pensée rassurante que très vite tout ceci ne sera plus qu’un mauvais rêve… jusqu’à demain.
[credit photo: ici]


