Apr 19 2008
[Jeune et poli 2/2]

…moi quand j’étais plus jeune, je vivais dans un monde de peur et d’oppression. Parce que j’avais un secret terrible. Et il ne fallait surtout pas le divulguer, au risque de tout perdre: frère, amis, parents, tout.
Au collège, j’ai enfin mis un nom sur un fait. Me voici donc condamné au silence pour plusieurs années de tortures physique, mentale, de frustration aussi.
Au lycée je suis toujours mon propre bourreau. Pas moyen d’oser dire les choses, qui me comprendrait ? et quand je les vois, eux qui osent et se font presque jeter des pierres, j’en ai les entrailles qui se tordent et qui me crient presque d’oublier mon audace.
Mais au fond, un besoin de vivre, un besoin d’oser, un besoin d’y croire. Un manque certain de cran.
Je t’ai donc envoyé, fort d’un courage exemplaire, m’acheter des Têtus. Toi qui a voulu partager ma croix et mon secret, je t’ai fait le bouclier de ma honte, car c’est toi qui supportait les regards dégoûtés de la dame de la maison de la presse…
Première année de fac, j’achète à la fnac une compilation. Et c’est ainsi qu’à commencé mon chemin de croix seul. C’est mon premier acte assumé et ouvertement dirigé. J’ai 18 ans et enfin, je vis. Évidemment, toi, tu t’es bien gardé de partager ton secret. Ça aurait été si facile si tu l’avais dit plus tôt ! Moi aussi tu me diras…


No comment, je suis troublé…
Je trouve ça beau de voir que vous vous etes trouvé un point commun peu probable, parmis toute vos ressemblance!!!!
@cereal_killer: comme quoi tout n’est pas impossible…
Quand j’entends le témoignage des uns et des autres sur la période adolescente et sur le secret qui les plombait à cette époque, je suis finalement assez heureux de l’avoir compris seulement à 19 ans ….
Il est étrange de constater que nous croyions tous être seuls alors qu’en fait nous vivions des expériences similaires, chacun dans notre petite ville… Nous dramatisions quelque chose que nous avons aujourd’hui parfaitement intégré…
L’adage se vérifie : “si jeunesse savait et si vieillesse pouvait”. Le “vieux” ne regrette pas sa jeunesse bridée, mais aurait aujourd’hui le cran de provoquer ces garçons qui ont tant peuplé mes nuits d’adolescent…